Propos recueillis par Alex Suter
Durée de lecture : 3 mins
Plongeons aujourd’hui dans le domaine de l’analyse comportementale des personnes afin d’ aider les ressources humaines dans des domaines aussi variés que trouver les bons candidats, identifier les employés à haut potentiel, travailler avec les équipes pour éliminer les tensions, ou accompagner les ventes dans l’augmentation de la performance.
Stéphanie Armangau, fondatrice de cette entreprise, qui va s’établir en début 2025 au Canada, nous parle un peu d’elle.
En deux phrases, veuillez vous décrire en incluant vos activités professionnelles.
Je m’appelle Stéphanie, je suis un pur produit d’école de commerce française, sauf que j’ai fait toute ma carrière à l’étranger. Je suis actuellement experte indépendante et cheffe d’une jolie petite entreprise de niche de B2B en Suisse, dans le domaine de l’analyse comportementale prédictive d’affaires (comprendre, expliquer et décrire les comportements observés dans un contexte donné et prévoir ceux à venir).
Pourriez-vous nous expliquer votre lien avec la Suisse ou votre intérêt pour ce pays ?
Après une première expérience professionnelle à Toronto, où je voulais rester toute ma vie en fin de Master, j’ai posé mes valises de globe trotteuse en Suisse pour des raisons sentimentales. J’avais alors 24 ans. Presque 2 décennies plus tard, je suis très attachée au tissu économique de Suisse romande (local et international, RH et Tech) que je couvre depuis 18 ans.
Quelles raisons vous ont poussée à vous impliquer au sein de la CCCSQ ?
La communication sur LinkedIn ! Je cherchais un interlocuteur de qualité dans le monde des affaires et c’est la CCCSQ qui a le mieux répondu à mes besoins de nouvelle arrivante au Canada. J’ai épluché les marchés ontarien et québécois pour mon projet professionnel dès 2022 et c’est la CCCSQ qui s’est distinguée sur le plan de la réactivité, de la générosité, du dynamisme et du réseau.
Qu’est-ce qui vous distingue dans votre domaine par rapport aux autres ?
D’abord, il y a très peu d'analystes comportementaux professionnels dans le monde et la majorité d’entre eux a une activité centrée sur les délits. Moi, ma passion c’est le développement organisationnel, de la vente au recrutement, en passant par la gestion de crise (humaine). Donc j’ai développé une sorte de “best of” des sciences du comportement et de techniques connexes qui peuvent être utilisées facilement par tout type d’organisation (je forme et certifie à nos pratiques). Enfin, je suis neuro divergente, ce qui me permet de repérer en direct les signaux faibles exprimés par le corps tout en mobilisant mon hyper acuité auditive sur les propos, un super détecteur à métaux de profils (et de leurs conséquences vertueuses ou impossibles) si j’ose la métaphore.
Quel est le meilleur conseil qu'on vous ait donné en affaires ?
De ne jamais avoir peur de perdre une vente ! J’avais 21 ans et c’était ma manager à Toronto qui m’a inculqué ce principe lors de mon premier job en anglais. Je n’ai jamais oublié et cela guide encore mes pas en affaires. Il en a découlé une forte valeur d’éthique chez moi, indispensable compte tenu des informations sensibles recueillies dans mes mandats. Aussi, grâce à cette femme, je suis à l’aise de dire à un client ce que je pense ou de refuser certaines missions. Merci à elle car j’ai su récemment que professionnalisme et franchise étaient les deux maîtres mots de ma réputation professionnelle.
Nommez un livre qui a marqué votre carrière professionnelle et un livre que vous lisez pour vous changer les idées.
Il y en aurait tellement à citer. Par contre, j’ai parmi toutes les formations et certifications suivies en 14 ans un programme qui a bouleversé ma façon de manager les intervenants pour ARCOM : la formation “Neuroscience for Business” de Tara Swart au MIT Sloan Executive Education. Sinon, quand je veux me changer les idées, je vais dans ma collection de vieux livres et je lis des informations des années 1700, 1800. L’histoire nourrit ma soif de logiques vérifiables. Je m’imprègne jusqu'à la correspondance, aux raisonnements, de personnes et d’organisations dont on connaît le destin.
Quelle personnalité vous inspire et pourquoi ?
Joe Navarro, ex-agent du FBI, formateur en Communication Non Verbale. Je n’ai jamais vu un professionnel avec un leadership aussi contagieux. Entre ses spécialités : la lecture des gestes, la conduite d’entretien, la négociation et ses atouts comportementaux : la bienveillance, l’humilité et la disponibilité, le résultat est hors norme. J’espère un jour lui arriver à la cheville en matière de charisme, de communication tactique et d’aisance en public.
Que recherchez-vous dans votre relation avec la CCCSQ ?
J’aimerais que l’on m’aide à m’intégrer professionnellement au Canada. Après 3 tentatives sur 20 ans, cette fois j’ai réussi à obtenir la confirmation de résidence permanente. A plus de 40 ans c’est une chance inouïe mais c’est aussi un énorme bouleversement de repères. J’aimerais que l’on me soutienne dans le succès de la future société sœur d’ARCOM Swiss. Déjà, lui trouver un nom. Je dois aussi apprendre une nouvelle étiquette d’affaires et je ne sais pas si et comment valoriser mon expertise au Québec et en Ontario.
Comment aimeriez-vous que les membres se rappellent de vous ?
Comme l’analyste comportementale qu’ils ont hâte de croiser en face ou en ligne dès 2025, pour sympathiser ou pour l’aider à s'immerger dans sa nouvelle réalité via une collaboration bien réelle.
Êtes-vous plutôt du type fondue ou raclette ?
Je vais me faire taper sur les doigts : fondue suisse et raclette française (avec charcuterie donc). Même si je suis acculturée suisse, je ne peux pas renier mon palet d’origine. Mes racines sont en Normandie et ma famille adore se régaler.



