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Pouvez-vous nous parler un peu de vous et de votre carrière diplomatique?
Je suis originaire de Genève et j’ai bénéficié en grandissant à la fois d’un fort ancrage suisse et d’une ouverture internationale. Mon intérêt pour la politique internationale a été stimulé par ma famille curieuse et ouverte sur le monde. J’ai tout naturellement étudié les sciences politiques puis l’administration publique. Je me suis spécialisée dans le fédéralisme, ce qui m’a amenée une première fois au Canada, où j’ai occupé un poste auprès du Forum des Fédérations. J’ai ensuite été active en Suisse dans la politique universitaire auprès des Rectorats des Universités de Genève, Lausanne et Neuchâtel.
En tant que diplomate suisse, j’ai occupé des postes thématiques et géographiques, avec des fonctions bilatérales et multilatérales. J’ai par exemple travaillé au sein de la délégation suisse auprès de l’Organisation mondiale de la santé, et compris l’importance de nos contributions pharmaceutiques et alimentaires à la santé en tant que bien public mondial. Je me suis occupée de la dimension internationale de notre politique des transports et contribué aux négociations y relatives avec nos voisins, pour garantir que les investissements et la technologie suisse en la matière restent à l’avant-garde. Comme beaucoup d’autres résidents et entreprises au Canada, j’ai des liens de longue date avec l’Afrique, notamment dans les domaines politique, humanitaire, commercial et de la sécurité. J’étais en poste en Éthiopie, au Nigeria et auprès de l’Union africaine.
Mes deux filles de 18 et 21 ans m’ont accompagnées dans ces aventures et aujourd’hui ma fille aînée est avec moi à Montréal. Mon travail occupe une large place dans ma vie et j’aime me ressourcer dans la nature et en particulier dans l’eau : je profite de chaque occasion de me baigner que ce soit dans le lac Léman, dans l’Aar ou dans un lac de montagne ! J’ai fait beaucoup d’aviron durant mes études et cette discipline a forgé mon esprit d’équipe et ma persévérance.
Quelles sont vos attentes de ce nouveau mandat à Montréal?
Je suis heureuse et honorée d’avoir la responsabilité, ici à Montréal, de renforcer les relations et la coopération entre la Suisse et les vastes régions de l’Est du Canada, en cohérence avec notre Ambassade à Ottawa. J’ai la chance d’être accompagnée d’une équipe dynamique et motivée et d’héberger un Swiss Business Hub qui rayonne dans tout le Canada. Dans l’immédiat je vais m’inscrire dans la continuité de l’important travail réalisé par ma prédécesseure, prendre mes marques et saisir les opportunités de faire rayonner la Suisse. En 2025, nous célébrerons les 150 ans du Consulat, la première représentation suisse au Canada, ce sera l’occasion de dévoiler toutes les facettes de notre histoire sous l’angle de la culture, de la formation, du commerce et bien d’autres ! Dans cette perspective, je me réjouis de collaborer étroitement avec CCCSQ et nos partenaires économiques.
Quels sont vos domaines de prédilection (affaires, culture, sport etc)?
En ce qui concerne les affaires, je ne peux pas dire que j’ai des favoris. J’aime l’interaction avec le secteur privé, l’échange d’idées et les projets qui en résultent. Il y a beaucoup de barrières entre les professions et les secteurs et je me suis toujours trouvée plus forte quand j’ai essayé de les dépasser. Je me suis par exemple occupée de la promotion commerciale en Afrique dans des contextes très compliqués. Le simple contact avec les représentants des entreprises a permis d’établir un soutien mutuel qui nous a fait avancer ensemble. Que ce soit dans le domaine commercial, politique, culturel, sportif ou scientifique, mon rôle est de faciliter les échanges, les idées et les projets dans l’intérêt de la Suisse.
Que pensez-vous des similitudes entre Suisses et Québécois?
Ce qui m’a frappée à mon arrivée à Montréal (à part les rues bloquées), c’est la diversité, la gentillesse et la tolérance des gens. Alors que nous faisons tous face à un monde qui se complexifie, l’approche québécoise a attiré ma curiosité. Les Suisses romands ont beaucoup de similitudes avec les Québécois, ne serait-ce d’abord que par le statut de minorité linguistique. Des liens harmonieux existent entre la Suisse et le Québec depuis très longtemps sans tension et je veux contribuer à ce que nous continuions à avancer main dans la main et de manière pragmatique.
Comment voyez-vous les 6 premiers mois de votre mandat à Montréal?
Je souhaite prendre le pouls de la communauté (plus de 26 000 compatriotes suisses sont enregistrés au Consulat) et agir de manière coordonnée avec mes collègues à Ottawa et à Vancouver.
Je suis ouverte à la discussion avec les membres de la Chambre, les partenaires suisses et canadiens dans les domaines de la science, de la recherche et de l’innovation, du milieu universitaire, de l’économie et de la technologie et de la culture pour façonner mon action ici.
Je souhaite profiter de (re)découvrir le Canada et j’espère bien faire de belles rencontres sur ma route. Le Festival International du Film de Toronto m’a déjà donné l’occasion de prendre le pouls de cette région.
Qu’attendez-vous de la communauté suisse pour vous aider à vous sentir chez vous ?
Jusqu’à présent, mon déménagement a été grandement facilité par l’efficacité et la gentillesse de toutes les personnes impliquées, qu’elles soient suisses ou non. J’ai hâte de nourrir le sentiment de paix et d’harmonie qui fait la réputation de nos deux pays. Tous les conseils et astuces sont les bienvenus !
Finalement, êtes-vous plus fondue ou raclette?
Raclette!



