Réflexions sur l’IA, l’informatique quantique et les risques de la cybercriminalité!

L’informatique quantique, couplée à l’IA, est en train de révolutionner le monde de la technologie, ouvrant la voie à des capacités de calcul jusqu’alors inimaginables. Cependant, cette avancée prometteuse apporte également de nouvelles menaces pour la cybersécurité. 

L’IA et la cybersécurité

Ainsi, l’IA promue modèle ultime du numérique présente un revers de la médaille, car elle aide les cybercriminels. Il existe sur le dark web des outils utilisés par les « black hats » (pirates délinquants) qui ont l’intention de voler ou de détruire des données sensibles ou privées et de perturber ou d’arrêter des réseaux et des sites web, souvent à des fins financières.

Côté positif, l’IA est utilisée par les informaticiens de solutions de cybersécurité qui analysent en permanence les données relatives aux accès réseau, elle fait des corrélations avec les menaces visant les noms de domaine, elle hiérarchise les alertes et recommande les actions à prendre.

Les attaques de cybersécurité sont de plus en plus visibles et sans limites, comme le montrent les attaques répétées contre les hôpitaux et les ONG au Canada ou en Suisse. Par contre, dresser une liste exhaustive de toutes les cyberattaques n’est pas réaliste, car les groupes de cybercriminels attaquent tous azimuts dès qu’une faille est décelée dans les systèmes de leurs victimes potentielles.

Quelques statistiques horrifiantes extraites de l’étude de KPMG sortie en octobre 2023 :

  • 63 % des 154 PME interrogées au Québec ont été attaquées par des cybercriminels au cours de la dernière année, ce qui correspond à la moyenne nationale;
  • 60 % ont payé une rançon au cours des trois dernières années (comme à l’échelle nationale);
  • 60 % reconnaissent que la cybersécurité n’est pas considérée comme une « priorité opérationnelle » (contre 62 % à l’échelle nationale).

L’IA et les craintes de l’informatique quantique

Au-delà de l’IA, les cyber experts entrevoient déjà une autre menace : les supercalculateurs d’informatique quantique. Ils seraient capables d’ouvrir les algorithmes de chiffrement et ils pourraient percer les blockchains. Une nouvelle course est lancée : aux États-Unis, le NIST (National Institute of Standards & Technology) travaille déjà sur de nouveaux algorithmes afin d’essayer de contrôler ces menaces.

L’informatique quantique repose sur le principe de superposition quantique, qui permet aux qubits* d’exister simultanément dans plusieurs états. Cette caractéristique unique confère aux ordinateurs quantiques des capacités de calcul prodigieuses, notamment pour résoudre certains problèmes complexes. 

La menace de l’informatique quantique pour la cybersécurité repose principalement sur sa capacité à résoudre rapidement des problèmes difficiles. Cette capacité met en danger les systèmes de cryptographie asymétrique qui reposent sur la difficulté de factoriser des nombres très grands pour assurer la sécurité des communications.

La cybersécurité est un enjeu mondial, et une approche collaborative est essentielle pour anticiper et atténuer les risques liés à l’évolution technologique. Les efforts conjoints visant à renforcer la sécurité numérique aideront à garantir que les avantages de l’informatique quantique puissent être pleinement exploités sans compromettre la sécurité des individus, des entreprises et des nations.

Christian Wopperer

VP commercialisation au CEIM (Sales Intelligence), consultation en VENTES aux dirigeants d’entreprises en démarrage et croissance

Centre d’entreprises et d’innovation de Montréal (CEIM) et chargé de cours sénior à l’école Polytechnique de Montréal

* Dans l’informatique classique, les données sont obligatoirement traitées dans un état binaire – 0 [ex. désactivé] ou 1 [ex. activé]). L’analogue quantique du bit, le qubit, permet de traiter les données dans un spectre de possibles. En théorie, on peut alors transmettre une infinité d’informations avec un seul qubit.

Références :